L’affaire des Pucelles Précieuses

J’ai décidé d’expliquer enfin publiquement, et pour faire écho à l’histoire des Pucelles Précieuses, tout ce que j’ai vécu depuis 2017 dans cette affaire sordide et tirée par les cheveux, qui m’a opposée à un auteur utilisant deux illustrations contre mon accord pendant deux ans. 

 

Fin 2017, je suis contactée par téléphone par un auteur. Il désirait réaliser la couverture de son premier roman ainsi que 10 illustrations pour agrémenter les pages.

Il me contacte en précisant qu’il est autiste asperger, est régulièrement incompris, et a besoin d’une communication adaptée à sa condition. Ayant déjà été en contact avec des Aspies, j’accepte bien évidemment, consciente des difficultés de communications liés à ce handicap.

 

Il s’avère rapidement que mon style ne correspond pas à l’univers de ses romans et du graphisme qui l’inspire, cependant, l’auteur désire collaborer avec moi pour d’autres créations, notamment pour agrémenter :

-Sa page Facebook

-Sa page YouTube
-Son Blog
-Son site internet en création.

 

Nous convenons début 2018 donc d’un premier paiement de 100€ pour une première réalisation : sa photo de profil et une bannière FB et YT.

Avant de continuer, je dois ici préciser une chose importante : Quand je réalise un travail, je ne débarque pas en livrant le travail fini sans concertation avec mon client. Je fais une proposition dessinée et claire de ce que je vais faire, en lui expliquant éventuellement les choses qui manquent de clarté. 

Quand des retouches sont demandées, je refais, si besoin, une proposition dessinée comprenant ces retouches, et ce toujours dans le but de m’assurer que les demandes du client correspondent bien à ce que j’ai compris et ce que je fournis.

Concernant aussi le montant, l’auteur n’ayant pas beaucoup de moyens, et la bannière devant être trèèèès simple, je lui ai fait un “prix d’amis”. Ce que je ne ferais probablement plus jamais.

Il y a déjà un premier couac avec la bannière. Alors qu’à la base l’idée proposée était de faire sortir d’une explosion les images des choses qui le passionnait (et qui avait été validé, voir point précédent), il m’a soudainement demandé que les personnages de ses franchises favorites semblent “sauter” hors de l’explosion, rallongeant d’autant la quantité de travail à fournir. 

 
Une fois la maquette acceptée, et le travail final envoyé, il m’annonce que ce n’est pas ce qu’il voulait et qu’il s’attendait à ce que je redessine chaque personnage sautant hors de l’explosion ! 

Là, un point important s’impose. On est déjà dans un gros souci de droits d’auteur de base (les images sortant de l’explosion), mais que j’ai mis de côté car pas/peu de modification, peu visible, et sincèrement, ses comptes ne risquaient pas de se faire taper sur les doigts. 
Détourer des personnages pour les “mettre en scène” était déjà plus problématique et je le lui ai dit, mais il m’a dit, grosso modo, s’en foutre et qu’il assumerait. Il m’a fournit les images via des liens. 
Puis, quand il s’est avéré qu’il attendait que je fasse, en gros, du fan art et que je refusais pour des raisons évidentes de droit d’auteur, il s’est un peu énervé, disant que je n’avais pas compris ses demandes dés le début. 
Je le redis, j’ai fournit des propositions dessinées claires par rapport à ce qu’il m’a expliqué, je ne me sens donc pas coupable de ne pas avoir “compris” ses demandes, puisque j’aurais refusé quoi qu’il arrive de faire des fan arts.

De plus, on parle de deux travaux d’illustration pour 100€ (ce qui est déjà bien inférieur au prix du marché) – une illustration semi réaliste pour sa photo de profil, et une clairement BD, avec une légère mise en page pour le fond de l’illu BD destiné à ses bannières. Rajouter à cela la création d’une 10 aines de personnages revient à faire un travail gratuit. Faire payer pour des fanarts me place dans la contrefaçon. Pour 100€, c’est un risque que je ne prendrais certainement pas (pour 1 million d’euros non plus d’ailleurs). 

S’ensuit une discussion sur le droit d’auteur, durant laquelle il me confirme comprendre MAIS a tendance à s’en moquer. Il n’est visiblement pas un grand “fan” du principe de propriété intellectuelle et de droit d’auteur…


Il me proposera par la suite de me verser 100€ tous les mois, avec comme limite de réalisation par mois :
– Soit une illustration comme son image de profil.
– Soit 8 petits dessins style comics comme le dessin de sa bannière.
– Des graphismes légers pour agrémenter son site internet.


Il précise d’ailleurs que ces 100€ me seraient versés même si je n’ai aucune réalisation à faire, il semble donc avoir bien conscience que la masse de travail que je fournis vaut plus que 100€ par mois.

Nous ne signons pas de contrat à ce stade, mais il me dit qu’il va me mettre rapidement en contact avec la personne responsable de son site. 


Après le premier versement de 100€ effectué pour la première réalisation (photo de profil et bannière), je ne recevrais plus le moindre centime. Je ralentit donc forcément ma production en conséquence : Pas d’argent, pas de travail réalisé, surtout si ses promesses ne sont pas tenues. 


En parallèle, il va continuer à parler à Julie (la responsable de son site) des 100€ qu’il me verse tous les mois. Tout le monde est donc convaincu que je suis payée comme il l’a promis. 


Il faut savoir aussi à ce moment qu’il arrive fréquemment à cet auteur de me contacter par téléphone ou Discord et de me tenir de longs moments pour me raconter ses déboires, me demander des conseils, des informations ou… se plaindre.

Aux environs de Mai 2018 (je n’ai plus la date exacte en tête), suite à des déboires personnels vis à vis du CPAS, il me met en contact avec Julie. C’est à cette occasion qu’il me parlera d’augmenter ses versements et de passer à 150€ par mois pour m’aider. 


Julie me propose de prendre les Cantos d’Altarion sous son aile. Ce que j’accepte avec plaisir. Elle me propose aussi un contrat de stage avec engagement en vue. 


Aux environs de Mai-Juin 2018, l’auteur me commande à nouveau une série de petits dessins, style avatars humoristiques. Il y en a une 15aine, je réitère ma demande de ce versement de 100€, il accepte, je commence les croquis.


Etant à l’époque en formation 3D en cours du soir, et mes examens approchants, je mets ses projets en pause (n’ayant en plus toujours aucune trace de paiement), malgré sa propension à me contacter systématiquement durant mes heures de cours.
Coup de malchance, fin Juin, un de mes amis décède d’un cancer du pancréas, ce qui m’affecte énormément et prolonge ma mise en pause.


Quand enfin j’ai l’esprit plus libre en Juillet, nous rediscutons notamment des versements (puisqu’à ce moment je n’ai toujours rien reçu) et il m’annonce qu’il est en difficulté financière et qu’il me paiera après la réalisation de la totalité de ses petits dessins, soit une 15aine, ce qui n’était évidemment pas ce qui a été convenu (je rappelle que j’ai clairement placé des limites), et je le lui signale.
Visiblement contrarié, il m’annonce qu’on en discutera lors de la sortie de son roman en Septembre parce qu’il n’a plus les moyens de me payer, et coupe la discussion, me laissant complètement dans le vent. Il ne m’adressera plus la parole pendant 4 mois. 


Mi-Aout, je commence mon stage chez Julie.


Octobre, il me recontacte suite à une prise de bec entre lui et Julie. Je lui explique que je ne suis pas en état physique et psychologique de le raisonner, il va pourtant parler avec moi de ses soucis avec Julie pendant une bonne partie de la soirée/nuit.


Il va notamment évoquer le fait qu’elle ne s’occupe pas assez de son projet, et qu’elle ne communique pas suffisamment avec lui, tout en me demandant de ne pas en parler avec elle. Il n’en fallait pas plus pour éveiller ma méfiance.


J’avais en effet constaté plusieurs posts de Julie parlant boulot, comme j’avais aussi remarqué qu’il commentait systématiquement ces posts pour rappeler le travail qu’elle devait faire pour lui. De plus, Julie est un peu ma jumelle de vie, on a des parcours similaires, et des manières similaires de fonctionner/travailler. Qu’elle ne se coupe pas en 4 pour une personne atypique me semblait juste… Impossible. Son discours ne collait pas.


Donc, j’en ai parlé à Julie. Et là, la vérité est tombée comme un couperet.
Alors qu’il me frottait la manche, il n’hésitait pas à me salir auprès de Julie, remettant en cause ma manière de travailler, m’accusant de mentir sur le décès de mon ami (disant qu’il sentait du “bullshit” à ce sujet), allant même jusqu’à pousser Julie à rompre mon contrat de stage en me calomniant et en disant de moi “J’ai du mal avec son attitude “Moi je suis artiste, je dessine et tout et tout” alors qu’elle est personne et y a 25 millions de fois plus talentueux qu’elle (sans offense pour elle)”. Mais sans préciser à Julie que si je n’avançais pas dans ses créas à lui, c’est parce qu’il ne me payait pas. Parce qu’il a toujours prétendu me payer tous les mois sans faute, et que c’est d’ailleurs pour ça qu’il était serré financièrement et qu’il a du faire “des choix”. 


En bref, il nous montait les unes contre les autres (parce que oui, à ce point de l’histoire, il faut que je précise qu’il ne s’entourait alors que de femmes autour de son projet, avec une petite appellation misogyne pour agrémenter tout cela puisqu’il se disait “entouré de vagins”), et il plombait le travail de Julie en lui faisant perdre client sur client avec ses commentaires répétitifs à ses posts, et ses demandes incessantes de “communication adaptée à son statut Aspie” qui ont poussé Julie à travailler près de 80h par semaine sur son projet au lieu des quelques heures initialement prévues. Cela l’a privée de revenus et l’a donc aussi empêchée de m’engager, me privant moi aussi de la sécurité d’un emploi et me maintenant dans la précarité.


(Vous retrouverez la version détaillée de Julie avec captures d’écran à l’appui ici )


Forcément, en apprenant cela, et sachant qu’il n’y avait aucun contrat de cession de droit signé entre lui et moi (et donc aucun paiement complémentaire de cession de droit), j’ai décidé de lui retirer les droits d’utilisation gracieusement prêtés jusqu’alors. J’en ai le droit, c’est dans la loi, punt.


Première surprise : il a bloqué tous mes profils sur Facebook. Impossible donc de le contacter.


Je tente un contact par sa page “fan” qui présente son blog, je n’aurais aucune réponse.


Je décide alors de passer par une méthode plus forte.


Je lui signifie donc une première fois par mail que je lui retire les droits d’utilisation de mes créations hors du cadre privé et familial si il ne me contactait pas rapidement pour gérer cela à l’amiable.


Devant son absence de réponse, j’ai envoyé une mise en demeure de paiement de cession de droit pour l’année à venir, ou le retrait de mes images. Cette mise en demeure a été envoyée par e-mail et courrier recommandé. Nous sommes en Novembre 2018.


Je reçois une réponse d’une avocate, visiblement peu au fait des lois en matière de droit d’auteur, puisqu’elle conteste officiellement les termes de ma mise en demeure. Ce à quoi je lui ai répondu en citant les textes de loi. Je n’aurais plus aucune nouvelle de l’avocate.


En parallèle, puisqu’il a rompu de son côté son contrat avec Julie, elle-même lui a envoyé plusieurs rappels de paiement pour rupture de contrat en demandant, à chaque fois, un contact pour régler cela à l’amiable.
Sans succès.


J’insiste vraiment là-dessus : nous avons toujours tout fait pour régler cela à l’amiable avant d’en arriver à de mesures plus légales.


Devant son refus catégorique d’obtempérer et le maintien de mes œuvres sur internet, j’ai décidé de prendre des mesures plus radicales début 2019.


J’ai contacté les sites et les blogs sur lesquels mes images étaient diffusées en demandant le retrait pour contrefaçon (terme légal d’utilisation d’une œuvre sans l’autorisation de son créateur).


J’ai eu gain de cause auprès de tous, sauf :
– Youtube, qui a d’abord purement et simplement ignoré ma demande après avoir pourtant envoyé tous les documents légaux, et à fini par suggérer de régler cela avec le contrefacteur après qu’on (Julie et moi) aie menacé de poursuite pénale la chaine. Pire, Youtubet a même proposé de lui transférer nos informations privées pour faciliter la prise de contact.
– Instagram, qui suggère également de régler cela entre nous.
– Un blog (que j’aurais la décence de ne pas nommer) qui a prit le parti du contrefacteur en me traitant comme la coupable, mais en retirant finalement les images de mauvaise grâce en traitant ma demande comme “un bide” ou “des menaces” (parce que je citais les textes de loi).


Envers la loi, toute personne propriétaire d’un site ou d’un blog qui continue à diffuser une image dont les droits d’utilisation sont controversés sont non seulement coupable de non respect du principe de précaution, mais de complicité de contrefaçon.


La contrefaçon peut se régler, en Belgique, au tribunal pénal. Les jugements sont majoritairement en faveur de l’auteur surtout en l’absence de contrat signé.


J’ai également pu constater dans une interview que l’auteur se plaint en ces termes : Réponse à la question “quelle a été ta plus grande joie et ta plus grande peine”

“Pour ma plus grande peine, c’est indéniablement qu’on traine mon nom dans la boue publiquement et qu’on me harcèle suite à la fin d’une collaboration (enfin trois en réalité). Qu’on ne cherche pas à discuter calmement, répondre à mes questions, ou qu’on me pose des questions, que ce ne soit qu’une longue liste de reproches, du harcèlement, des attaques en tout genre (jusqu’à contacter facebook, ou des chroniqueurs qui ont fait un article sur mon livre et leur demander de retirer des images que j’utilisais pour ma promotion, des images que j’ai payé pour) que ce soit des attaques écrites, ou des attaques concrètes avec menaces et des demandes de payement totalement absurdes (160 000€ pour ne pas dire le chiffre) alors que j’ai déjà payé la personne une coquette somme (à mon échelle) pour quelque chose qui n’aura servi à rien, et dont je n’aurais eu aucun résultat en définitive. Faites très attention avec qui vous collaborez, et qui vous choisissez d’accepter dans votre cercle de travail.”


Pour le dire clairement, cette méthode du “régler cela entre vous”, “on ne cherche pas à discuter calmement, répondre à mes questions…” etc, ça se nomme “victim bashing” et ça consiste à réduire au silence une victime en la présentant comme coupable.


C’est comme dire à une femme violée qu’elle doit régler le souci en privé avec le violeur, et qu’après tout, si elle a été violée, c’est de sa faute. Et oser en parler publiquement, c’est de la diffamation ou de la calomnie.


On inverse les rôles, c’est malsain, injuste et personnellement, ça me met dans une colère noire.


Julie et moi avons bataillé jusqu’en 2020 pour qu’enfin, mes illustrations soient retirées de YouTube (l’interview de Julie ne sera retirée qu’en 2021). Et nous avons mis en demeure l’auteur de payer des indemnités pour l’utilisation illégales de nos créations/interview pendant… 2 ans.


Elle a alors été contactée par un avocat, l’avocat de l’auteur, qui a commencé par tenter de comprendre l’affaire, puis a… Renversé la charge de la culpabilité en tentant de NOUS forcer à ne pas demander réparation (je résume, cet article est déjà bien assez long). 


J’ai donc contacté un avocat spécialisé en droit d’auteur pour faire enfin retirer l’image posant problème sur Instagram, et pour réclamer des indemnités pour l’utilisation illégale de mes créations. Mon avocat s’est adressé directement à son avocat. Ce dernier est resté silencieux. L’indemnité n’est toujours pas payée (mais moi j’ai payé mon avocat et les frais liés). 


(vous trouverez la totalité des détails ici )


Courant 2020, j’apprends que l’auteur lance un crowdfunding, qui a éveillé l’intérêt de Pigeon Gratuit (et pour cause puisque nous lui avons parlé de toute l’affaire). Cela a visiblement fait peur à l’auteur (mais aussi à toutes les personnes qui le soutienne), et c’est comme ça que j’ai appris que : 

L’affaire était au tribunal (ah ?) et qu’il avait été arnaqué par une illustratrice qui lui a demandé plus que prévu (Ah ?????). 


Toujours en 2020, j’ai également été invitée à répondre d’une plainte pour… Diffamation. Rien que ça. Plainte portée par l’auteur fin 2019 et qui concernait un droit de réponse face à la situation (en gros: cet article ). La plainte a évidemment été classée sans suite. Je comprends mieux maintenant pourquoi il parlait de tribunal. 

Tout ça pour dire que toute cette histoire a eu un impact non négligeable sur nos vies et notre santé à Julie et à moi. Nous sommes dans une situation précaire financièrement, nous ne pouvons pas, actuellement, aller en justice pour être entendues car nous n’avons pas les moyens d’engager un avocat (ne me parlez pas de pro deo, please). Les frais monteraient actuellement à 8000€.
C’est pour cette raison que nous avons lancé une cagnotte pour nous aider à obtenir justice, et accessoirement nous permettre de survivre. 

 

Vous trouverez l’histoire au complet écrite de la plume de Julie sur son site : https://deshistoirespourvendre.com/les-pucelles-precieuses-quand-lempathie-se-transforme-en-cauchemar/

Vous trouverez notre cagnotte pour engager un procès sur Leetchi : https://www.leetchi.com/c/justice-pour-les-pucelles-precieuses

Et pour ceux qui préfèrent les goodies, rendez-vous ici : 
https://utip.io/julieanimithra/shop (Bien qu’à son nom, chaque achat nous reverse 5€)

 

Merci encore de m’avoir lue.

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