Pourquoi vous devriez cesser d’ombrer vos illustrations avec du noir.

Bonjour à tous !

Aujourd’hui j’aborde, de manière simple et rapide, l’ombrage en couleur pour tacler vite fait une erreur fréquente (et que je vois trop souvent chez tout débutant) : l’utilisation de la couleur noire.

Pourquoi est-ce un piège ?

Honnêtement, quand on commence la colorisation, on a tendance à voir l’ombre comme l’absence de lumière. Et dans l’esprit de beaucoup, lumière = blanc, donc ombre = noir. 
Donc, pour créer l’ombre autour d’un objet et/ou d’un personnage, on aura tendance à simplement… Ajouter du noir. Et c’est un raisonnement logique. Et c’est surtout pour cela que c’est un piège.

Parce que quand on observe attentivement une image pour comprendre comment les couleurs se comportent, on s’aperçoit que c’est beaucoup plus compliqué, et qu’il y a une variété incroyable de nuances d’ombres, mais surtout, que le noir absolu n’existe que dans un lieu totalement privé de lumière, ce qui est un cas plutôt rare, même durant une nuit sans lune par ciel couvert. 

Ou pour faire bref, le noir complet n’est pas une couleur “naturelle” quand il s’agit d’ombre. Pas plus que le blanc n’est naturel quand il s’agit de lumière d’ailleurs 🙂 
Mais on va plus facilement accepter le blanc pur dans un travail car il va ajouter un constraste important qui donnera plus de vie au sujet, alors qu’un noir pur va rendre le sujet plus dur et moins naturel.

Pour résumer, le noir est simplement… La solution de facilité. 

Donc, si vous êtes artistes traditionnels, prenez votre couleur noire (tube, crayon, godet d’aquarelle), et planquez le loin de votre vue.

Petite précision avant d’aller plus loin : pour tester les différents types d’ombrages, commencez par un objet simple et d’une couleur uniforme. Les ombrages sur un portrait réaliste vont faire souvent appel à bien plus de variétés de tons et de teintes que l’ombrage d’une orange ou d’une tomate. 

Comment ombrer de manière plus naturelle ?

Pour cela, on va se munir d’une roue chromatique.

1. Les couleurs complémentaires

Image issue d'Aetherium.fr, article sur "le secret d'une harmonie des couleurs réussie" par Sébastien Drouin

Les couleurs complémentaires sont les teintes opposées sur la roue chromatique. Etant opposées, elles vont apporter énormément de contrastes entre elles. 
Ainsi, la couleur complémentaire du jaune est le violet, la couleur complémentaire du vert est le rouge, etc.

C’est, d’une manière générale, le choix le plus évident, mais pas toujours le plus facile dans la maîtrise : l’ombre sur ou venant d’un objet ou d’une personne tirera d’office vers la couleur complémentaire de l’objet (ou de la personne). Bien sûr, cette règle va néanmoins varier dans certains types de luminosités. Mais restons dans les bases “simples” et ne compliquons pas trop les choses. 

En couleurs traditionnelles, le plus facile reste de colorer le sujet avec sa couleur “de base” (attention, dans certaines techniques comme l’aquarelle ou le crayon de couleur, on va saturer les zones d’ombres avec la couleur choisie, et à peine colorer les zones touchées par la lumière), puis soit on va faire des lavis (ou glacis) avec la couleur complémentaire, soit on va simplement mélanger la couleur de base avec sa couleur complémentaire pour repasser sur les ombres. 

De cette manière, on va créer des contrastes puissants et généralement plaisants au regard. 

En digital, on va travailler sur un nouveau calque, avec une couleur complémentaire également plus foncée et plus saturée. On va ensuite changer le masque du calque, généralement en “produit”, et régler le niveau de transparence du calque.

Le gros avantage du digital reside dans le fait qu’il sera possible, par la suite, de jouer avec les réglages pour modifier couleurs, saturation, et luminosité des différents calques. Mais ceci fera l’objet d’un autre tutoriel 🙂 

2. Les harmonies de 3 couleurs

Image issue d'Aetherium.fr, article sur "le secret d'une harmonie des couleurs réussie" par Sébastien Drouin
Image issue d'Aetherium.fr, article sur "le secret d'une harmonie des couleurs réussie" par Sébastien Drouin

Les harmonies de 3 couleurs sont de deux types : 
Les harmonies dites triadiques, et les complémentaires adjacentes. 

Les harmonies triadiques sont généralement plus complexes à utiliser et à doser, car le résultat final peut rapidement finir dans un fouilli de couleurs. Elles sont séléctionnées en traçant un triangle équilatéral dont le sommet sera la couleur dominante.

A l’inverse, les complémentaires adjacentes vont permettre d’avoir une belle palette de couleurs, avec un résultat souvent plus doux, mais surtout, une marge d’erreur quasiment nulle dans le résultat final. On trouve les complémentaires adjacentes en choisisant les couleurs de part et d’autre de la couleur complémentaire. 

3. Les couleurs analogues

Image issue d'Aetherium.fr, article sur "le secret d'une harmonie des couleurs réussie" par Sébastien Drouin

On retrouve très souvent ce type de colorisation dans la bande dessinée asiatique (manga, manhwa, etc), ainsi que dans les affiches de films (comme l’exemple ci-dessus). Mais pas que. 

Le résultat va soit donner un effet très doux, soit va communiquer une émotion selon la composition de l’image. Mais on rentre déjà dans un domaine plus technique que j’aborderai également dans un prochain article. 

On va aussi travailler énormément avec ces couleurs analogues notamment dans des ambiances lumineuses particulières, comme une ambiance de nuit qui va inévitablement tirer dans les tons bleu/bleu marine sur la totalité de l’image. 

Oui mais...

Vous allez inévitablement me dire que dans mes exemples, il y a du noir. 

Oui… et non. En réalité, si on analysait ces couleurs via ordinateur, on se rendrait rapidement compte qu’il ne s’agit jamais d’un noir pur, mais d’un noir mélangé avec d’autres couleurs (d’un point de vue technique, ce ne sera pas un noir 100%, il y aura toujours au moins 1% de rouge, de vert ou de bleu si on analyse l’image en RVB). La différence pour un oeil inexercé est imperceptible, mais pour le cerveau, le noir sera perçu comme plus naturel, et donc, plus harmonieux. 

Pour aller plus loin :

Les images d’illustration (à l’exception du timelapse) sont tirée d’un article intitulé Le secret d’une harmonie de couleurs réussie. Bien que destiné aux graphistes, il apporte des précisions intéressantes, je le recommande. Il va aussi plus loin dans les harmonies de couleurs que mon article, mais le mien s’adressant à des débutants, j’ai tenté de le garder le plus simple et le plus facile d’accès possible.

Je complète par d’autres tutos (en anglais par contre) et timelapses :

Wylie Beckert maîtrise à la perfection, selon moi, l’utilisation des couleurs complémentaires et complémentaires adjacentes, surtout dans ses mises en couleurs de son jeu de carte “Wicked Kingdom”. Sa chaîne Youtube est un régal pour les yeux. 

David Revoy propose aussi d’excellents tutoriels de colorisation. Même si il travaille sur Krita, plusieurs de ses astuces et techniques peuvent aisément être utilisées dans d’autres programmes de dessin digital. Je vous recommande vivement son blog.

Enfin, mais non le moindre, l’outil en ligne Paletton est une ressource phare pour séléctionner facilement ses palettes selon les harmonies (et encore plus facile d’utilisation en digital puisque cela vous permet directement de séléctionner vos couleurs avec l’outil pipette).

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